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Palmer & vous

thomas duroux
Thomas Duroux
Directeur Général
Château Palmer, Margaux
Quelques minutes de discussion avec lui, au milieu du vignoble de Château Palmer, et la vérité saute aux yeux. Celle d’un homme en parfait accord avec le domaine qu’il dirige depuis 2004.

Comment êtes-vous venu à la vigne ?

 

D’abord, il y eut la 6ème et la découverte de la biologie. J’étais passionné. Je voulais en faire mon métier. Ensuite, à l’âge de 16 ans, il y eut les premiers verres de vin, avec les copains. Nous avions pris la mauvaise habitude de nous servir en cachette dans la cave du père de l’un d’entre eux. Jusqu’à ce qu’il le découvre, nous convoque et exige que nous apprenions à mieux comprendre ce que nous buvions. Agréable punition. Au final, ces deux concours de circonstances m’ont tout naturellement conduit à un bac scientifique, une formation d’agronome et d’œnologue enfin. Diverses expériences s’en sont suivies, en France, Hongrie, Italie, Afrique du Sud…, toujours en tant que technicien. À Château Palmer, j’avais pour la première fois l’opportunité d’élargir le spectre de mes responsabilités. J’ai saisi cette chance !

Erice Beaumard

Quelle a été votre première émotion Palmer ?

Elle s’est révélée petit à petit, en douceur, à l’instar des vins d’ici. En 2004, avant de rejoindre Margaux, je venais d’une grande propriété toscane, Ornellaia, aux rouges très démonstratifs. Je n’ai donc pas été bouleversé par la dégustation d’un Palmer 1990, reconnu très aromatique et tenu. Mon référentiel était tout autre. Durant les 6 mois qui ont suivi, j’ai plusieurs fois eu l’occasion de regoûter ce millésime. Lentement, sûrement, sa magie s’est mise à opérer : quelle complexité, quelle subtilité ! Ma grille de lecture avait changé.

Avez-vous toujours été porté par la biodynamie ?

Certainement pas ! Comme tous les œnologues de ma génération, je n’ai pas été formé dans cette sensibilité-là. L’enseignement dispensé était très classique, très académique, sans approche globale. Je suis donc venu à la biodynamie tardivement, à Château Palmer. Par curiosité d’abord : « tiens, qu’est-ce que c’est ? ». De façon pragmatique ensuite, bagage scientifique oblige : « expérimentons, nous verrons bien… ». Par raison enfin : « mais, ça marche ! » Oui, il est possible de travailler la vigne en la respectant davantage, elle et son environnement. Les propriétaires comme les équipes ont suivi. Tous conscients des enjeux majeurs de cette évolution : la pérennité de notre terroir, l’avenir de nos équipes et l’intérêt de nos clients.

Erice Beaumard vignes
"Oui, il est possible de travailler la vigne en la respectant davantage, elle et son environnement (...). Tous conscients des enjeux majeurs de cette évolution : la pérennité de notre terroir, l’avenir de nos équipes et l’intérêt de nos clients." 
Thomas Duroux, Directeur Général, Château Palmer
bouteille chateau palmer

Cette magie des vins de Palmer opère-t-elle encore et toujours ?

J’entretiens avec eux un rapport filial. Celui d’un « bon père de famille » dont les enfants ont quitté la maison pour vivre leur vie et les croise çà et là, des mois ou des années plus tard, toujours avec tendresse et curiosité. « Vont-ils bien ? Que sont-ils devenus ? ». Des retrouvailles parfois décevantes, mais le plus souvent joyeuses, prometteuses, intéressantes… La vie !