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Le souffle de Château Palmer.
Nos dernières inspirations et créations.
Toutes ces respirations qui font battre le coeur du domaine
comme de ses hommes et ses femmes.

25.04.2022
2021, Le temps et la mesure
2021 est un millésime où le talent d’une équipe riche et déterminée a su faire la différence.

Si janvier laisse d’abord augurer d’un hiver froid, février se place sous des auspices doux et des pluies nourries. Le retour à un temps sec favorise un débourrement homogène de la vigne. Bien contenues par les équipes, les gelées printanières – noires du 6 au 8 avril, blanches mi-avril et début mai – freinent la vigne dans sa croissance. La floraison démarre finalement le 28 mai, avec deux semaines de retard sur 2020, dans un climat chaud et sec. La nouaison s’accélère. Quelques cas de coulure sont à déplorer sur nos merlots les plus précoces.

Marqué par la pluie et une hausse brusque des températures, juin déclenche une véritable explosion végétative. Dans la foulée d’un orage diluvien le 19 juin, la pression mildiou impose une grande vigilance jusqu’à la fin de la véraison. Un été en demi-teinte jusqu’au 15 août exacerbe la croissance du végétal, faisant craindre un manque de concentration des baies. Fin août, début septembre, quatre semaines d’un temps sec installent une tension hydrique salvatrice. Le processus de maturation reprend son cours normal, à temps pour les vendanges.

Sous la menace du botrytis, la récolte des merlots démarre le 24 septembre, celle des cabernets s’achève le 15 octobre. En dépit de rendements plus modestes qu’attendus, la vendange se montre saine, les raisins mûrs, la dégustation révèle un grain de tanin d’une belle finesse. Finalisés début décembre, les assemblages traduisent une lecture toujours plus limpide du parcellaire de Château Palmer. Ce millésime 2021 livre des vins d’une belle plénitude, tout en mesure et en équilibre, qui nous rappellent les millésimes du siècle dernier.

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22.04.2022
Ouvert/fermé : un château
Mais qui rêve encore d’un château ?

Et si c’était un château ? Serait-il dans le ciel ? Tranquille, hautain, à l’écart des jours et des nuits ? Non. Comme à Palmer, il serait les pieds dans les vignes. 
 

Mais qui rêve encore d’un château ? Le fantasme « Grand Siècle » s’est étiolé. Le monde nouveau aspire à l’horizontalité, refusant toute ascendante arrogance. C’est vrai. Mais c’est oublier un peu vite que ses tours sont aussi de parfaits paratonnerres. Débarrassé de sa morgue, le château apparaît alors comme un point d’ancrage, un catalyseur efficace captant l’énergie du paysage pour la ventiler à l’entour.

A Palmer, pour bien en saisir la mesure, il faut d’ailleurs partir du port, se laisser pousser par les courants d’air océaniques de l’estuaire jusqu’à la frondaison des ceps. De là, sa silhouette surgit – contre la butte – sertissant le domaine de son trait d’union. 

Le château déroule l’histoire de Palmer comme le saphir décode la musique dans le sillon d’un vinyle. C’est une enceinte qui donne de l’ampleur aux airs et aux époques se succédant sur une mélodie qui demeure, singulière, entêtante. Car, si le domaine existe depuis le début du XVIIIe siècle, le château ne voit le jour qu’en 1854, un an après que les frères Isaac et Emile Pereire, hommes d’affaires emblématiques du Second Empire, eurent acquis l’ensemble de 163 hectares constitué par l’aventureux Charles Palmer et décidé de le doter d’un édifice à la hauteur de sa réputation que confirmera le classement de 1855.

Le château est construit par l’architecte bordelais Charles Burguet dans un style néo-gothique conforme à l’air du temps : un corps principal de trois étages, flanqué de quatre tourelles, rondes en façades, anguleuses à l’arrière. Jusque-là, rien d’étonnant mais pour peu qu’on s’attarde sur le détail de ses ornements, on remarque que son allure un rien baroque – qui prend la nuit une aura mystérieuse – n’est pas sans rappeler les quintas fabuleuses de la ville portugaise de Sintra qu’adorait Lord Byron. Une référence qui ne doit rien au hasard et souligne l’origine lusitanienne des frères Pereire autant que la personnalité cosmopolite du domaine.

En contrepoint de cette ouverture au monde, dans la tradition des propriétés bordelaises, prolongeant le château, les frères Pereire font aussi construire le village où vivent en autarcie les ouvriers veillant à la bonne marche du domaine. 
Ce sont les deux faces d’une même médaille.

A Palmer, le château se porte tel un talisman. Sa place sur l’étiquette n’est pas que symbolique. Elle se concrétise au quotidien, structurant l’organisation du village et donnant tout son sens au paysage comestible ; sa signification autant que sa direction.

 

par Paul-Henri Bizon

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15.04.2022
La nature à l'œuvre
Le printemps n’en finit jamais d’être une surprise. Un surgissement.

Le printemps n’en finit jamais d’être une surprise. Un surgissement. Alors que les derniers travaux s’achèvent (acanage, pliage), la sève se réveille et la vigne se métamorphose : voilà les « rêves de l’hiver invités à la table des anges », pour reprendre la formule du poète Khalil Gibran. Les premiers bourgeons saillent sous leur fin duvet de coton, période de « débourrement » aussi miraculeuse que sensible aux soubresauts climatiques.

 

Ce sont « des semaines qui comptent double », explique Sabrina Pernet, directrice technique de Château Palmer. Le gel précoce de début avril a suscité une vigilance sans trêve, le renfort nocturne de bougies et d’éoliennes au chevet des Merlots. Depuis, les vignerons couvent les bourgeons, pulvérisent valériane et huile essentielle d'Hélichryse pour fortifier les rameaux jusqu’à la floraison. Le génie de la terre reprend ses droits et le souffle vernal réchauffe les cœurs.

 

Dans les prochains jours affleurera la pointe verte des Cabernet Sauvignon et le nouveau millésime sera révélé aux primeurs, avec sa promesse de fraîcheur aromatique et de souplesse tannique. Éclosion, résurrection : l’impérieux bal des saisons, fidèle à lui-même et toujours inédit, qui clôt la longue nuit de l’hiver et augure de radieux horizons.

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14.01.2022
Passage de Relais - Partie 1
Château Palmer est un puzzle de compétences, de cépages et de personnalités...

Château Palmer est un puzzle de compétences, de cépages, de personnalités. Depuis quatre ans, le domaine est découpé en cinq îlots, des parcelles que les équipes retrouvent d’une saison à l’autre, apprivoisent avec le temps, l’expérience et l’enracinement. À chaque entité, son escouade dédiée, son vigneron « référent », son humour et ses humeurs, ses types de taille et sa récolte. Des profils riches et variés qui ont en commun d’avoir traversé une année mouvementée, pluvieuse, peu ensoleillée, menacée par le gel et le mildiou. Une année « sans été », répètent souvent les vignerons, qui ont appris à composer avec les caprices du climat. « En février, nous étions en T-shirt ; en avril, nous portions des bonnets ». La météo aléatoire n’a pas épuisé leur enthousiasme ni entamé leur force de travail, où se mêlent précision, vigilance et amour de la terre.  

 

Boston-Boulibrane

Par amusement et par fierté, Jonathan lui a donné le surnom de « cercle polaire ». C’est l’îlot le plus excentré et le plus sauvage de Château Palmer, une enclave destinée aux mains solides et aux âmes téméraires, capables de braver le froid et de couver une jeune vigne indocile de cabernet-sauvignon plantée il y a seulement une vingtaine d’années. En 2017, le gel avait condamné la récolte. Depuis, l’équipe de choc menée par Stéphanie a affiné sa stratégie pour sauver les parcelles du danger : éoliennes de secours contre le gel tardif, arsenal de bougies allumées pour la première fois cette année, pulvérisations régulières de tisane sur la vigne... Avec Teddy, l’ex-étudiant en archéologie et passionné de biodynamie, cette brigade de vignerons mi-secouristes mi-aventuriers apprécient la récompense de travailler dans un cadre unique, boisé, à proximité de la bergerie. Un lieu à part, terre de défi, donc de promesses.

 

Les 40s-50s

Une vingtaine de parcelles scindées par une voie ferrée, où pousse principalement du merlot, ainsi qu’un peu de cabernet et de petit verdot. Ce dernier est plus tendre et facile à tailler que les autres, mais aussi plus sensible à l’humidité, dans un contexte où l’on peut « traverser quatre saisons en une journée », résume Marie. Avec Kyllian, le duo a accueilli un nouveau venu cet hiver, Bruno, qui, à quarante ans, découvre le travail collectif, l’esprit Palmer — « pousser chaque détail à fond ! » —, et s’émeut du spectacle quotidien de la biodiversité. « Ici, la nature se recharge, on le sent, l’herbe est dense, parcourue d’insectes, parfois de serpents. Je préfère voir des animaux que des tracteurs. C’est primordial pour l’avenir de nos enfants. »

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04.01.2022
2022, un nouveau chapitre
Alors que la vigne se repose et se perpétue, les froides nuits d’hiver laissent déjà entrevoir la prochaine saison, à la fois

Dans la nuit outre-bleue, un cycle s’achève. L’empreinte est là, fixée pour l’éternité, l’impulsion qui colore le domaine et donne à entendre ses infinies nuances : respect irréductible de la nature, exigence d’un savoir-faire, sincérité absolue d’un engagement.

 

Alors que la vigne se repose et se perpétue, les froides nuits d’hiver laissent déjà entrevoir la prochaine saison, à la fois enracinée dans l’histoire et soucieuse de renaissance. L’avenir de Château Palmer ne s’improvise pas : il se compose à l’écoute, sur une pulsation jazz, mêlant connaissance du passé, sensibilité au présent et esprit pionnier.

 

Dans le clair-obscur saisonnier se dessinent ainsi les contours de demain : une ferme autonome et circulaire, une promenade dans un village rénové, un paysage nourricier délicatement mis en musique, des vins en apothéose. La nature y déploiera la féconde étendue de sa partition.

 

Un chapitre se clôt mais l’invitation se renouvelle, à s’aventurer plus loin chaque jour, dans la passion de la vigne comme dans la célébration du vivant, à défricher sans relâche, à se réinventer sur le socle durable et prestigieux de ses fondations. Vers des perspectives infinies.

 

Voir la vidéo : https://bit.ly/chateau_palmer2022

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14.10.2021
2021, Forces Convergentes - partie 2
Des grappes d’hommes et de femmes, maillons essentiels de la récolte, unissent leurs forces pour acheminer le raisin.

      Pendant les vendanges, les effectifs passent de 70 à 230 travailleurs, des grappes d’hommes et de femmes, maillons essentiels de la récolte, qui unissent leurs forces pour acheminer un maximum de raisin vers le cuvier. C’est là que tout converge, que tout se joue, sous cette grande halle qui jouxte le chai. Le cœur sonore de la ruche, où l’excellence d’un millésime s’élabore avec une méticulosité de tous les instants. Une demi-douzaine de vignerons aguerris y réceptionnent les palettes et trient les baies, d’abord à la main, avant l’indispensable renfort des machines : érafloir, table vibrante, trieuse optique qui, à l’aide de caméras, détecte et éjectent les baies pas assez mures ou abîmées. Seuls les fruits de qualité optimale rejoignent le cuvon — à une vitesse de 152 mètres par minute —, puis la cuve dans laquelle les attendent 4 semaines de cuvaison.  

      Autour des machines, les bras s’activent et les cerveaux turbinent. On pèse les grappes, les baies, les déchets, on corrige les estimations, on réévalue. « Ici, c’est la tour de contrôle », sourit Fabien qui, devant son écran d’ordinateur, veille à la traçabilité de chaque arrivage. Les vendanges, dont on connaît l’exigence physique, sont aussi un calcul sans fin : valse des palettes, nombre d’hectolitres par hectare, densité de la cuve, suivi des températures... Il faut sans relâche s’adapter, réajuster. 

      Ce travail aussi crucial qu’infinitésimal se poursuit à l’étage, avec la dégustation technique : onze bouteilles sont alignées sur la table, qui contiennent un échantillon de chaque cuve, à grumer, à comparer. Thomas et Sabrina vérifient que la fermentation porte ses fruits et commentent déjà le futur millésime, parcelle par parcelle, assistés par Olivier, maître de chai, et Hervé, chimiste de formation, qui a préparé le « pied de cuve » avec des levures naturelles, préalablement étudiées au microscope dans le laboratoire. 

      Dans les chais, les stagiaires accompagnés des équipes « remontent » le jus en haut de la cuve, qui coule de nouveau sur les baies et le marc de raisin, s’en imprègne, se colore, se structure. Une opération répétée trois fois par jour. « Le squelette du vin se dessine dès ce moment-là, explique Hervé. Les bases du millésime sont posées, ses arômes principaux ». Pendant la semaine de fermentation, « on goûte tous les jours toutes les cuves, soit cinquante-six au total », précise Olivier. Une science de pointe, qui convoque le nez, le palais, requiert mémoire et intuition, un instant décisif où quatre personnalités vont dessiner l’âme d’un vin en imaginant les combinaisons possibles et en anticipant les futurs assemblages. 

      Place ensuite à une autre dégustation, plus légère et roborative, récompense des efforts déployés tout au long de l’année : le déjeuner partagé sous la tente, à deux pas du chai, traditionnel moment de trêve, de détente, où se mêlent les vignerons, les ouvriers du chai et toutes les forces vives du domaine... jusqu’aux poules auxquelles la bienveillante tablée destine les derniers morceaux de pain qui traînent sur la nappe à carreaux.

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14.10.2021
2021, Forces Convergentes - partie 1
Les vendanges de Château Palmer donnent une impression de course calme, de frénésie sous contrôle.

      Les vendanges de Château Palmer donnent une impression de course calme, de frénésie sous contrôle. Chacun connaît suffisamment sa partition pour l’ajuster à temps, réagir sans heurt aux aléas météorologiques. Car les pluies attendues — ou plutôt redoutées — fin septembre n’ont jamais aussi bien porté leur nom de « précipitations » : ce sont elles qui ont d’abord imposé la cadence. La récolte du millésime 2021 a commencé avec trois jours d’avance, le vendredi 24 septembre, pour s’achever la deuxième semaine d’octobre au terme d’un marathon finalement plus serein qu’on ne l’imaginait, l’aboutissement solennel et convivial d’une année intense et d’un été maussade.

      « Pour nous, c’est un moment joyeux, reconnaît Driss, vigneron et gardien du domaine. Le reste de l’année, on travaille séparément, par équipes. Là, on se regroupe enfin pour assister au bouquet final. » Autour de lui œuvrent une quinzaine de vignerons : les « coupeurs », sécateur rouge à la main, délestent la vigne de ses belles grappes de merlot, relayés par les « porteurs » qui, le dos harnaché d’un porte-cagettes, vont et viennent entre les ceps et le camion. Les permanents de Château Palmer font connaissance avec les saisonniers de passage, comme Carmen, venue de Gradignan avec son fils, ou sympathisent avec les apprentis comme Isabella, escortée de ses chiens. Ici, on veille autant à distinguer les raisins issus de chaque parcelle qu’à rassembler celles et ceux qui les coupent. On compartimente le fruit ; on brasse les individus. 

      À quelques mètres de là, seize réfugiés participent au travail collectif, comme Abdil Basir, ex-chauffeur de taxi en Afghanistan, arrivé en France en 2019, ou Abdul, originaire du Soudan. « Certains d’entre eux sont volontaires pour continuer à travailler dans les vignes après les vendanges », constate avec enthousiasme Stéphanie, T-shirt bleu Palmer siglé « millésime 2021 ». Avec Émilie, elles encadrent en parallèle un groupe de la Mission locale de Floirac et Cenon, de jeunes adultes de 16 à 25 ans qui pour beaucoup vivent ici leur première expérience professionnelle. « Le premier jour, ils descendent du bus comme s’ils arrivaient en colonie de vacances, racontent les deux vigneronnes. Puis ils découvrent le contact avec la nature et la rigueur de la tâche. Cela nous demande beaucoup d’énergie, il faut donner de la voix mais c’est une expérience enrichissante : on est à la fois chef d’équipe, cantinière et assistante sociale ! »

      Plus loin, au milieu des vignes, trois autres silhouettes orchestrent le grand ballet automnal : Thomas Duroux, directeur de Château Palmer, Sabrina Pernet, directrice technique, et Oriane Heuillet, responsable « recherche et développement ». Chaque jour, ces piliers du domaine marchent, sentent, goûtent les baies, comparent, décident des parcelles à vendanger en priorité. La numéro 38, par exemple, pourra attendre samedi, à la différence de la numéro 70 dont les grappes de Petit Verdot doivent être cueillies au plus vite — et « avec délicatesse », précise Sabrina qui donne les instructions par téléphone.

      Après une année difficile, marquée par un manque d’ensoleillement, des gels printaniers et un mildiou tenace, le trio semble rassuré par la dégustation itinérante. « Dans cette parcelle, les tanins sont magnifiques », constate Thomas Duroux, qui prévoit « des vins qui pourraient nous surprendre ».

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