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Palmer & vous

concert privé piano

Jacky Terrasson

Pianiste de jazz
New York
Le vin le porte, à l’instar de la cuisine et de la musique. À la terrasse d’un café parisien, Jacky Terrasson joue sur cette comparaison, tout en mesure, un verre à la main…

Quelle est la place du vin dans votre vie ?

Celle d’une passion, de longue date, qu’une soif permanente de découvertes, de rencontres, d’apprentissages nourrit à l’envi. Là, au fil de la visite d’un domaine, situé sur la route d’un de mes concerts dans le Bordelais, en Côtes du Rhône, en Alsace... Ici, au cours d’une dégustation à l’aveugle avec des copains vignerons. Une autre fois, à la faveur d’une jolie carte de vins natures, dans un restaurant de Paris, de New York ou d’ailleurs…

Jacky Terrasson pianiste jazz

Comment êtes-vous venu aux vins ?

Mon grand-père fût le premier à m’initier à leurs plaisirs. J’avais 15 ans. Au moins une fois par mois, à chacun de nos repas de famille, il prenait soin de me réserver deux bouteilles sur les six qu’il apportait. De quoi éveiller ma curiosité, coté rouges et bordeaux surtout. Pour ce qui des blancs et des autres régions, des amis ont pris le relais. Mon intérêt pour la cuisine aussi : étudier une recette, partir faire son marché, se lancer et, au final, déguster sa « création » s’accompagnent d’un verre de vin, forcément.

Existe-t-il un lien entre vin, cuisine et musique ?

J’en suis intimement convaincu. Tous trois partagent une même approche, un même savoir-faire : à partir d’éléments sensibles, chercher, tâtonner, élaborer, construire, dans l’espoir d’obtenir un résultat valable. C’est ce qui m’a frappé, en 2010, lors de ma première visite à Château Palmer : tout le travail que demande la réalisation d’un millésime, toutes ces variables à prendre en compte. À l’image d’un chef d’orchestre, Thomas Duroux compose avec un terroir riche de ses graves, de ses cépages et de ses parcelles. Sans parler de l’assemblage au chai. Je fais de même, avec d’autres ingrédients, tout aussi vivants, que sont la mélodie, l’harmonie, le rythme, la structure…

piano main

« À l’image d’un chef d’orchestre, Thomas Duroux compose avec un terroir riche de ses graves, de ses cépages et de ses parcelles (...). Je fais de même, avec d’autres ingrédients, tout aussi vivants, que sont la mélodie, l’harmonie, le rythme, la structure… »

Jacky Terrasson, Pianiste de jazz, New York

Jacky Terrasson pianiste jazz

Composez-vous un verre à la main ?

Cela peut arriver, effectivement. Pas toujours. Suivant les circonstances, déguster comme composer réclame un maximum de concentration. En 2010, je ne crois pas avoir dégusté mes premiers verres de Palmer en musique. Il s’agissait d’une verticale de millésimes, 1959, 1969, 1979, 1989, 1999 et 2009. En y repensant, quelle tension, quelle subtilité, surtout après un demi-siècle de cave pour le premier d’entre eux. Non, parfois, il convient de boire en silence, ou d’écouter le verre vide.